Lors de son discours de politique générale, avec beaucoup de mépris, le Premier ministre n’a pas répondu ni parlé des préoccupations de la population. Rien sur les milliers de licenciements en cours, l’augmentation des salaires et des pensions ou la nécessité d’arrêter l’hémorragie des services publics. Le Premier ministre, usant du chantage à la dette, des menaces sur les services publics et la Sécurité sociale, a toutefois été contraint d’annoncer l’ouverture d’un « conclave » sur la réforme des retraites. Attachée à la laïcité, la CGT suggère qu’en lieu et place d’un conclave le Premier ministre organise une conférence sociale sur les retraites. La question des retraites intéresse les dizaines de millions de travailleuses et de travailleurs du pays, et nos discussions doivent se faire sous leurs yeux, pas dans le secret d’un conclave.
1 – Pourquoi continuer à se battre contre le report de l’âge de la retraite à 64 ans ?
Emmanuel Macron n’a jamais eu de mandat pour allonger l’âge de départ à la retraite. Durant près d’un an, des millions de personnes ont été dans la rue chaque semaine pour demander le retrait du projet de loi de réforme. Malgré des mois de mobilisation, le président de la République a décidé d’imposer cette réforme en force. Mesure phare de la réforme des retraites, l’âge de départ à la retraite à taux plein est décalé de deux ans, passant de 62 à 64 ans. Au recul de l’âge légal s’ajoute l’accélération de l’allongement de la durée de cotisation (loi Touraine 2014) passant de 42 ans aujourd’hui à 43 ans, dès 2027. Alors que l’âge minimum de départ n’a augmenté que de six mois à fin 2024, le nombre de personnes de 62 ans inscrites à Pôle emploi a déjà augmenté de 50 %.
Il faut supprimer les 64 ans et l’accélération de la réforme Touraine mais aussi rétablir les régimes pionniers. Au-delà, la CGT porte le retour de la retraite à 60 ans. C’est une urgence sociale car la réforme fait déjà des ravages que la vague de désindustrialisation en cours aggravera encore.
2 – Pourquoi parle-t-on autant de la dette, mais jamais des recettes ?
Il n’y a aucune fatalité dans le financement des retraites, la réforme actuelle est purement idéologique et sert le projet d’Emmanuel Macron de favoriser la capitalisation. D’autres choix sont possibles.
À de nombreuses reprises, la CGT et les organisations syndicales ont fait des propositions pour mettre à contribution les grosses entreprises du CAC 40, qui cette année, ont versé plus de 98 milliards d’euros à leurs actionnaires.L’argent est là, mais les actionnaires et le gouvernement ne veut pas en entendre parler ! Abroger la réforme des retraites coûterait 3,4 milliards d’euros en 2025, et 16 milliards d’ici 2030. Ces sommes doivent être mises en regard avec les 80 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales dont bénéficient chaque année les entreprises. En flashant ce QR code, vous trouverez quelques propositions de la CGT pour de nouvelles recettes pour financer les retraites.
4 – Et maintenant, que va faire la CGT ?
Selon les premiers mots du Premier ministre, « si les partenaires ne s’accordent pas, la réforme actuelle continuera à s’appliquer ». Comme les représentants patronaux ont tout intérêt à ne pas trouver d’accord pour que la réforme s’applique telle quelle, il n’y aura donc pas de négociation possible. La CGT est très claire : on ne peut pas négocier avec un pistolet sur la tempe et laisser ceux qui nous licencient avant 60 ans nous obliger à travailler jusqu’à 64 ans.
La CGT ne négocie pas sans mandat ni rapport de force. Elle compte bien informer tous les salarié·es et appeler dès que possible à la mobilisation.
Rien n’est écrit d’avance et c’est le Tous ensemble qui fera la différence. L’abrogation de la retraite à 64 ans et le retour à retraite à 62 ouvre la voie vers le retour à la retraite à 60 ans.
Retraites, toujours pour l’abrogation !
